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Droits de douane : Pékin, Tokyo et Séoul veulent «accélérer» vers un accord de libre-échange

2025-03-30

Auteur: Léa

Face à la montée des tensions douanières provoquées par les États-Unis, les leaders de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud se sont réunis dimanche à Séoul pour renforcer leur coopération économique. Cette rencontre a été convoquée en réponse aux récentes augmentations des droits de douane américains qui mettent en péril la stabilité des échanges commerciaux dans la région.

Les ministres de l'Industrie et du Commerce des trois nations, Ahn Duk-geun (Corée du Sud), Yoji Muto (Japon) et Wang Wentao (Chine), ont exprimé leur volonté d'accélérer les négociations en vue d'un accord de libre-échange trilatéral. Cela fait suite à une pause significative des discussions qui avaient commencé en 2013 jusqu'en 2019, avant d'être relancées lors d'un sommet exceptionnel en 2024.

« Nous devons garantir des conditions de concurrence équitables », ont-ils déclaré dans un communiqué, soulignant l'importance de créer un environnement commercial prévisible, libre et transparent face aux changements soudains dans la politique douanière de Washington.

Ce nouveau cadre de coopération vise également à stabiliser les chaînes d'approvisionnement et à améliorer la communication sur les contrôles à l'exportation, des enjeux cruciaux dans un monde de plus en plus interconnecté.

À l'échelle globale, la Chine, le Japon et la Corée du Sud représentent environ 20 % de la population mondiale et un quart de l'économie globale. Ensemble, ils partagent un impact majeur sur le commerce international, représentant près de 20 % des échanges mondiaux. Cette réunion survient à un moment critique, avec la mise en place d'une taxe de 25 % sur l'acier et l'aluminium importés aux États-Unis, ainsi qu'une menace imminente de nouvelles taxes sur les automobiles.

En effet, le Japon et la Corée du Sud représentent respectivement 16 % et 15 % des importations automobiles américaines, tandis que la Chine fait face à une surtaxe totale de 20 % sur toutes ses exportations vers les États-Unis.

Dans ce contexte tendu, Séoul, Pékin et Tokyo s'engagent à travailler ensemble non seulement pour la réformation de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) mais aussi pour encourager l'adhésion de nouveaux membres au Partenariat économique global régional (RCEP) qui unit la Chine à 14 autres pays asiatiques. Ce partenariat pourrait devenir un contrepoint aux politiques protectionnistes des États-Unis et permettre aux économies asiatiques de collaborer plus étroitement pour surmonter les défis à venir.