Science

Vaccins ARNm : Les scientifiques américains sous pression face à un changement de cap inquiétant

2025-03-20

Auteur: Marie

Les National Institutes of Health (NIH) des États-Unis ont récemment exhorté les scientifiques à éviter toute mention des vaccins à ARNm dans leurs demandes de subvention, une directive qui suscite des inquiétudes croissantes au sein de la communauté scientifique. Ce revirement est interprété par certains comme le résultat de l'influence du nouveau secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., connu pour ses positions controversées sur la vaccination.

L'impact des vaccins ARN, notamment ceux développés par Pfizer-BioNTech et Moderna pendant la crise de la COVID-19, a été révolutionnaire dans le domaine de la vaccination. Ces technologies offrent des avantages majeurs : elles évitent la culture de germes vivants et complexifient le processus de fabrication, tout en stimulant efficacement le système immunitaire. De plus, des recherches sont en cours pour étendre l'utilisation de cette technologie à d'autres maladies graves, y compris certains types de cancer et VIH.

Cependant, l'atmosphère inquiétante qui entoure le financement de la recherche sur les vaccins pourrait avoir de graves conséquences. Des scientifiques rapportent que leurs demandes de subvention sont mises en attente simplement à cause de mentions des vaccins à ARNm. Un chercheur à Philadelphie se plaint : « On a l'impression de marcher sur des œufs. » Selon les sources, un haut responsable du National Cancer Institute a même révélé que des instructions avaient été émises pour signaler toute recherche liée de près ou de loin à la technologie ARN.

La situation est exacerbée par les récents événements au Texas, où une épidémie de rougeole a été attribuée à un faible taux de vaccination. Au lieu de renforcer les efforts de vaccination, Kennedy a mis en avant des facteurs comme la malnutrition, mettant en exergue son scepticisme face aux traitements préventifs. Les NIH, historiquement un pilier du financement de la recherche biomédicale avec un budget annuel de 47 milliards de dollars, semblent désormais s'éloigner d'un domaine qui pourrait, pourtant, sauver des vies.

Des chercheurs préoccupés affirment que cette tendance pourrait mettre en péril non seulement des projets de recherche mais aussi des milliers d'emplois. Le financement des chercheurs et du personnel de laboratoire est souvent assuré par ces subventions, et une réduction de l'investissement dans les recherches sur les vaccins pourrait causer des pertes d'emplois dévastatrices. Le climat de crainte s'est installé, de nombreux scientifiques ayant peur de représailles professionnelles s'ils expriment leurs préoccupations ouvertement.

Alors que le débat sur la sécurité des vaccins et l'éthique de leur financement public continue, l'avenir de la recherche sur les vaccins à ARNm aux États-Unis semble incertain. La question fondamentale demeure : ce changement de cap en matière de politique de santé publique compromettra-t-il les avancées médicales et les progrès scientifiques qui pourraient découler de ces innovations ?