
Guerre en Ukraine : le partenariat stratégique entre Washington et Kiev dévoilé
2025-04-01
Auteur: Philippe
Dans une nouvelle enquête révélatrice, le New York Times a mis en lumière le rôle crucial que jouent les États-Unis dans le soutien à l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe en février 2022. Intitulée "L'histoire secrète de l'engagement de l'Amérique dans la guerre en Ukraine", cette enquête révèle une collaboration militaire beaucoup plus profonde que ce que l'on avait jusque-là présumé. L'administration Biden a fourni à l'Ukraine une aide militaire considérable, totalisant 66,5 milliards de dollars, mais les détails de la coopération sur le terrain étaient restés en grande partie sous silence.
Au cœur de cette collaboration se trouve la base militaire américaine de Wiesbaden, en Allemagne, où le général ukrainien Mikhaïlo Zabrodskiy a rencontré pour la première fois son homologue américain, Chris Donahue, en mai 2022. Ce dernier est un personnage clé au sein des forces spéciales américaines. Ensemble, des responsables militaires des deux nations ont formé une "task force dragon", qui a servi de centre névralgique pour le renseignement et la planification des opérations.
Chaque matin, les militaires ukrainiens et américains se réunissaient pour analyser les systèmes d'armement et les mouvements de troupes russes, planifiant ensemble des offensives majeures, comme celle de Kherson en septembre 2022. Les États-Unis ont également fourni des renseignements qui ont permis de déjouer des offensives russes, notamment à Sievierodonetsk, grâce à des données de localisation précises.
Cette collaboration a cependant été marquée par des tensions. Les Ukrainiens s'inquiétaient de ce qu'ils percevaient comme le manque d'engagement des Américains à leur fournir toutes les armes nécessaires, tandis que les États-Unis redoutaient les demandes jugées démesurées des Ukrainiens et leur hésitation à prendre des décisions audacieuses sur le plan politique.
Un autre élément inquiétant pour Washington était la possibilité que Vladimir Poutine interprète ce partenariat comme une provocation, franchissant ainsi une "ligne rouge" en matière d'engagement militaire, pouvant justifier des menaces nucléaires. Ainsi, pour limiter les risques, le terme "cible" a été évité au profit de l'expression "point d'intérêt". De plus, les renseignements concernant des individus russes stratégiques n'ont pas été partagés, du moins au départ.
Les relations ont pris un tournant lorsque l'Ukraine a lancé une offensive dans la région de Koursk à l'été 2024, ce qui a provoqué une rupture de confiance avec les États-Unis. Ce geste a été considéré comme un franchissement d’une ligne convenue et a exacerbé les tensions existantes. Cependant, malgré ces complications, l'administration Biden a choisi de ne pas abandonner le partenariat, de peur que l'Ukraine ne subisse une défaite écrasante face à la Russie.
Alors que la guerre en Ukraine se prolonge, les enjeux géopolitiques se complexifient, et la question demeure : quel sera l'avenir de ce partenariat maintenant que Donald Trump pourrait faire son retour à la Maison Blanche ?