Santé

Grippe aviaire : la souche H7N9 réapparaît aux États-Unis - Ce que vous devez savoir !

2025-03-19

Auteur: Julie

La situation devient alarmante pour les autorités sanitaires américaines. L'Organisation mondiale de la santé animale a confirmé, le lundi 17 mars, la présence de cas de grippe aviaire de type H7N9 dans un élevage de poulets dans le Mississippi. Cette découverte constitue une menace significative, car H7N9 est historiquement l'une des principales souches impliquées dans la transmission aux humains, et ce, à un moment où les États-Unis sont déjà confrontés à une épidémie montante de H5N1. En réponse à cette situation, plus de 47 600 poulets ont été abattus sur le site concerné, tandis que le Ministère de l'Agriculture américain mène une enquête épidémiologique et renforce la surveillance, une démarche inédite depuis 2017.

La souche H7N9 a fait son apparition pour la première fois en Chine, au printemps 2013, dans la région de Shanghai. Selon l'Institut Pasteur, cette souche fait partie des trois principales responsables d'infections humaines par des virus grippaux aviaires : H7N9, H5Nx et H9N2. Les infections sont majoritairement observées en Chine, souvent chez des voyageurs revenant de ce pays.

La dernière détection du virus H7N9 aux États-Unis remonte à 2017, lorsque des cas ont été découverts au Tennessee et dans des États voisins tels que l'Alabama, le Kentucky et la Géorgie. À cette époque, le virus était également en circulation en Asie, intensifiant les préoccupations sanitaires. Heureusement, aucune détection de cette souche n’a été rapportée en France jusqu'à présent.

Le virus H7N9 affiche un taux de létalité de 36 % chez l'humain, inférieur à celui du H5N1, qui dépasse les 50 %. Bien que H7N9 infecte peu les oiseaux, chez les humains, il peut entraîner des complications respiratoires graves, souvent accompagnées de toux, de fièvre et de douleurs corporelles. Entre 2013 et 2021, on a enregistré 1 668 infections humaines et 616 décès liés à cette souche, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Il est essentiel de surveiller de près les virus de type H7, car ils peuvent facilement franchir la barrière des espèces et infecter les humains. Gilles Salvat, directeur général d’un pôle recherche et référence de l'Agence française de sécurité sanitaire, souligne l'importance de la surveillance systématique dans les élevages avicoles pour éviter leur propagation à l'homme.

La Haute Autorité de santé (HAS) a précisé que la transmission interhumaine des virus grippaux aviaires demeure rare, bien que des cas aient été signalés, notamment des infections au H5N1 et H7N9 dans des familles et parmi des travailleurs de la santé en Asie.

Il est impératif de rester vigilant, car d'autres souches continuent d’émerger. Récemment, une nouvelle souche, H5N9, a été détectée pour la première fois aux États-Unis. Pierre Bessière, chercheur à l'école vétérinaire de Toulouse, a averti qu'une nouvelle pandémie causée par ces virus pourrait devenir une réalité. En effet, l’histoire rappelle la grippe espagnole, qui a fait des millions de morts au début du XXe siècle et était d'origine aviaire, avec des cas signalés dans le Kansas, au cœur des États-Unis.