
20% de notre ADN proviendrait d'un peuple mystérieux aux origines inconnues
2025-03-24
Auteur: Julie
Une enquête menée par des scientifiques de l'Université de Cambridge a récemment jeté un nouveau regard fascinant sur l'histoire évolutive des humains modernes. Selon une étude publiée dans la revue **Nature Genetics**, notre ADN serait le résultat d'un mélange provenant de deux groupes ancestraux distincts, des résultats qui pourraient bouleverser notre compréhension des origines humaines bien établies.
Un passé complexe pour les Homo sapiens
Les chercheurs ont établi que les humains modernes descendent de deux populations ancestrales qui se sont séparées il y a environ 1,5 million d'années. Ce n'est que vers 300 000 ans que ces groupes auraient entamé des échanges génétiques, avec un apport de 80 % d'ADN d'un groupe et 20 % d'un autre, jusqu'alors inconnu. Contrairement aux mélanges connus avec les Néandertaliens, cette nouvelle découverte suggère une contribution significative d'une mystérieuse population, possiblement capable d'influencer des traits tels que nos capacités cérébrales.
Les voix des chercheurs
Le Dr Trevor Cousins, l'un des principaux chercheurs de cette étude, souligne : « La quête de nos origines a toujours captivé l'humanité. » Le Professeur Richard Durbin ajoute : « Nos racines évolutives sont infiniment plus complexes que ce que nous avions cru, impliquant plusieurs lignées ancestrales. » Cela ouvre la voie à de nombreuses questions sur la façon dont divers peuples ont interagi au fil des âges.
Des avancées technologiques impressionnantes
L'étude s'appuie sur des analyses approfondies de génomes complets, utilisant des données précieuses du **1000 Genomes Project**, qui a séquencé l'ADN de nombreuses populations à travers le monde, de l'Afrique aux Amériques. Grâce à ces données, les chercheurs ont développé un algorithme novateur nommé **cobraa**, permettant de retracer les routes de séparation et de recréation des lignées humaines ancestrales.
Effectivement, cette méthode innovante n'a pas eu besoin de recourir à l'ADN ancien, se concentrant sur l'analyse de l'ADN contemporain. Le Professeur Aylwyn Scally exprime son admiration face à cette prouesse scientifique : « Reconstituer des événements vieux de centaines de milliers, voire de millions d'années, simplement avec de l'ADN moderne, c'est véritablement fascinant. »
Des preuves d'une mixture génétique ancienne
Les résultats révèlent qu'un mélange génétique capital s'est effectué il y a environ 300 000 ans, bien avant que nos ancêtres entrent en contact avec les Néandertaliens et les Denisoviens. Cela a conduit à une augmentation de notre ADN, supplantant largement la contribution néandertalienne chez les humains modernes vivant en dehors de l'Afrique.
Un aspect captivant de cette recherche concerne les gènes associés à la fonction cérébrale, potentiellement transmis par cette population minoritaire, soulignant leur importance dans notre évolution. Même s'ils n'étaient pas présents dans les régions génomiques habituellement associées aux fonctions critiques, ils pourraient avoir eu un impact déterminant sur notre développement.
Cette étude remet en question la conception d'une évolution linéaire chez les Homo sapiens. Selon les chercheurs, il est envisageable que ces deux groupes aient d'abord été isolés l'un de l'autre avant de se retrouver, un mécanisme potentiellement applicable à d'autres espèces vivant dans des écosystèmes extrêmes.
Le modèle cobraa a déjà été appliqué à des données génétiques d'autres espèces telles que les chauves-souris, les dauphins, les chimpanzés et les gorilles, révélant une architecture ancestrale unique pour chacune de ces lignées. Ces révélations ouvrent la porte à des réflexions plus larges sur la biologie évolutive et les dynamiques des populations non seulement chez les humains, mais aussi au sein du règne animal.