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Une nouvelle taxe sur les voitures d’occasion : le gouvernement nous prend-il pour des vaches à lait ?

2025-03-24

Auteur: Michel

À partir du 1er janvier 2026, un changement majeur se profile à l’horizon pour le marché des voitures d’occasion en France. Une nouvelle mesure fiscale, inscrite dans la loi de finances pour 2025, va en effet étendre le malus écologique aux véhicules d’occasion, une taxe jusqu’à présent réservée aux voitures neuves. Cette initiative vise à transformer de manière significative les habitudes des consommateurs et à impacter le secteur automobile.

Un malus élargi pour un avenir plus vert

L’objectif de cette réforme est clair : réduire les émissions de CO₂ et améliorer la performance énergétique des véhicules en circulation. En intégrant le malus écologique aux véhicules d’occasion, le gouvernement espère pousser les acheteurs vers des modèles moins polluants, notamment en lien avec la taxe carbone ETS2 qui entrera en vigueur en 2027. Autrefois, le malus s’appliquait uniquement lors de la première immatriculation des voitures neuves, en fonction de critères comme le niveau d’émissions de CO₂ et le poids du véhicule. Certaines catégories, telles que les voitures adaptées aux personnes à mobilité réduite ou celles utilisées par des diplomates, étaient exemptées. Cependant, il est important de noter que ces exonérations ne seront plus applicables lors de la revente d’un véhicule.

Une vigilance accrue pour les acheteurs

Cette nouvelle règle impose aux acheteurs d’être plus attentifs lors de l’acquisition d’une voiture d’occasion. Il sera désormais essentiel de demander un historique complet du véhicule et de vérifier minutieusement tous les documents d’immatriculation antérieurs. Seuls les véhicules immatriculés depuis le 1er janvier 2015 seront concernés par cette taxe, à condition qu’ils n’aient pas déjà été soumis à un malus lors de leur première immatriculation.

Les taxes en jeu incluront un malus CO₂ et une taxe sur le poids pour les voitures dépassant certains seuils, soit : - Plus de 107 g/km de CO₂ émis - Un poids supérieur à 1 499 kg Ces critères visent à mesurer l’impact environnemental et la taille des véhicules.

Un abattement progressif sera également appliqué selon l’ancienneté du véhicule, pouvant aller jusqu'à 100 % pour ceux ayant plus de quinze ans, allégeant ainsi la taxe sur les modèles plus anciens.

Des exemples concrets de taxation

Prenons un exemple pour mieux comprendre cette mesure : une Renault Megane IV 1.3 TCe 115 ch de mars 2020 subirait un malus CO₂ de 1 350 €. De même, l'importation d'une BMW Série 3 320iA xDrive 258 ch de janvier 2022 entraînerait un supplément de 2 157 € uniquement pour le malus lié aux émissions de CO₂.

À partir du 1er janvier 2027, un critère kilométrique sera ajouté au calcul des abattements, offrant une réduction supplémentaire de 1,5 % à 3,5 % pour les véhicules ayant un kilométrage moyen supérieur à 20 000 km/an.

Un marché immobilier sous pression

Avec l’extension du malus écologique aux voitures d’occasion, il est à craindre que leur achat devienne plus coûteux dans les années à venir. Parallèlement à la suppression de la prime à la conversion et au renforcement de la taxation, ces mesures pourraient sérieusement freiner l’élan du marché secondaire. Les consommateurs devront donc peser soigneusement leurs options face à cette mutation fiscale qui pourrait bouleverser leur potentiel d’achat à moindre coût. Ce changement soulève des préoccupations quant à l'accessibilité des véhicules d'occasion, un secteur déjà sous pression.