
Santé - Étude Jeunes adultes : une recrudescence des cas de cancer qui fait froid dans le dos
2025-03-24
Auteur: Louis
Une étude récente a révélé une augmentation alarmante de l'incidence des cancers chez les jeunes adultes, notamment ceux âgés de 15 à 39 ans. Entre 2000 et 2014, l'incidence globale des cancers a crû de 1,62 % par an, suivie d'une légère diminution de 0,79 % par an entre 2015 et 2020. Cette tendance suscite des inquiétudes au sein de la communauté médicale et parmi les jeunes.
Cette recherche, fruit d'une collaboration entre Santé publique France, l'Institut national du cancer, le réseau FRANCIM et les Hospices Civils de Lyon, s'appuie sur des données provenant de 19 départements français, représentant près d'un quart de la population métropolitaine. Cette vaste étude analyse 54 735 cas de cancer recensés, mettant en lumière des différences notables selon l'âge et le sexe.
Des profils variés et inquiétants
Les résultats révèlent que chez les adolescents de 15 à 19 ans, les types de cancers les plus courants comprennent les leucémies, les lymphomes, les tumeurs du système nerveux central et les sarcomes, représentant à eux seuls 66 % des cas. En revanche, chez les 35-39 ans, ces types de cancer ne représentent que 19 % des cas. Parallèlement, le rapport des mélanomes et certains carcinomes varie considérablement, passant de 23 % à un alarmant 73 % entre les deux groupes d’âge.
Chez les femmes, les cancers du sein et de la thyroïde prédominent, tandis que chez les hommes, les tumeurs testiculaires, ainsi que divers types de lymphomes et de carcinomes, figurent en tête de liste des cancers les plus fréquents.
Une hausse préoccupante des cancers spécifiques
De plus, l'étude met en lumière l'augmentation persistante de six types de cancers au cours des 20 dernières années, dont :
- Les lymphomes de Hodgkin : +1,86 % par an
- Les glioblastomes : +6,11 %
- Les liposarcomes : +3,68 %
- Les carcinomes colorectaux : +1,43 %
- Les carcinomes du sein : +1,60 %
- Les carcinomes du rein : +4,51 %
Des causes à explorer et des actions à envisager
Il est crucial de noter que certaines de ces augmentations peuvent être attribuées à des progrès dans les techniques de diagnostic, mais d'autres facteurs, encore indéterminés, sont également suspects. L'obésité, par exemple, pourrait jouer un rôle majeur dans la hausse observée des cancers colorectaux et rénaux.
En revanche, la diminution des cas de mélanomes (-3,05 % par an) pourrait être liée aux campagnes de sensibilisation concernant les dangers de l'exposition excessive au soleil. Les chercheurs insistent également sur la nécessité de continuer à promouvoir la vaccination contre le papillomavirus pour prévenir les cancers du col de l’utérus, avec un objectif ambitieux de 80 % de couverture vaccinale chez les adolescents d'ici 2030.
Cette étude constitue une base essentielle pour orienter la recherche et les efforts de prévention des cancers, mais les auteurs soulignent la nécessité d'approfondir ces résultats scientifiques afin de mieux comprendre les facteurs de risque impliqués, et de protéger nos jeunes générations contre cette menace croissante.