
REPORTAGE. "Un véritable symbole de la lutte anticriminalité" : plongez dans les coulisses de la vente du yacht Stefania, un trésor saisi
2025-03-25
Auteur: Marie
Le yacht Stefania, évalué à 20 millions d'euros, fait partie des plus importantes saisies effectuées par la justice française. Sa vente aux enchères, prévue pour le 27 mars, représente une opportunité unique de renflouer les caisses de l'État, avant même que son ancien propriétaire, un Biélorusse soupçonné de trafic de stupéfiants et d'armes, ne soit jugé.
Ce magnifique yacht de 41 mètres, immobilisé à sec près de Marseille, se distingue par sa coque couleur doré champagne. Loué à hauteur de 200 000 euros la semaine, il offre luxe et exubérance avec deux jacuzzis, cinq suites, des équipements dernier cri, et des finitions en argent et nacre. Son capitaine, Quentin, témoigne de l’aspect tapageur et opulent, une belle vitrine du monde maritime de luxe.
La vente a été soigneusement orchestrée par Emmanuelle Votat, commissaire-priseur pour De Baecque et associés, qui souligne que le yacht est estimé entre 10 et 12 millions d'euros, malgré son passé criminel qui pourrait dissuader certains acheteurs potentiels.
Initialement saisi en Italie alors qu'il était en fuite, le Stefania a nécessité des soins et des travaux d'entretien pour conserver sa valeur. Si des efforts n'avaient pas été faits pour maintenir sa « classe », la valeur du yacht aurait chuté rapidement, causant une perte pour les finances publiques.
"L'objectif est que la valeur réelle du Stefania soit intégralement reversée à l'État", explique Votat. Le processus de vente amène à réfléchir sur l’utilisation de ces fonds, qui pourraient servir à financer divers services publics, des hôpitaux aux écoles.
La législation française offre une occasion rare de vendre de tels actifs. La "présomption de blanchiment" permet à la justice de vendre le yacht avant même le procès, sans avoir besoin de prouver que des flux d’argent illicites ont financé son acquisition. Cette stratégie, saluée par de nombreux juristes, permet d'attaquer le patrimoine des délinquants en perturbant leur pouvoir économique.
Le président du tribunal de Marseille, Olivier Leurent, insiste sur l'efficacité de cette approche. Avec une confiscation rapide allant de pair avec la vente d’avoirs criminels, la justice envoie un signal fort aux trafiquants : le véritable prix à payer pour leurs activités illégales ne se mesure pas seulement en années de prison, mais également en pertes financières considérables.
Les acheteurs intéressés doivent faire preuve de diligence, en déposant un dossier ainsi qu'une caution de 500 000 euros pour participer à la vente. Les ramifications de cette saisie vont au-delà de l'aspect financier ; elles soulignent l'engagement des autorités à lutter contre le crime organisé et à réutiliser les fonds issus de la criminalité pour le bien public. C’est un exemple percutant de la façon dont le système judiciaire peut se mobiliser pour combattre le crime, tout en renforçant la confiance dans les institutions. Le Stefania pourrait donc devenir un emblème de la lutte anticriminalité, servant d'avertissement à ceux qui croient que la délinquance peut rester impunie.