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Le président du Medef condamne la lettre de l’ambassade américaine aux entreprises françaises

2025-03-30

Auteur: Sophie

Invité sur LCI, Patrick Martin, président du Medef, a fermement critiqué la lettre récente envoyée par l’ambassade des États-Unis à plusieurs entreprises françaises, leur demandant de supprimer leurs programmes de diversité pour continuer à coopérer avec l'État fédéral. "C’est tout simplement inadmissible. Cela démontre une dérive inquiétante du gouvernement américain et du président qui tente d’imposer sa vision aux économies mondiales et aux valeurs européennes", a déclaré Martin.

Le président du Medef a souligné l'importance de la situation économique américaine comme levier de changement : "Si le marché de l'emploi s'effondre aux États-Unis, si l'inflation repart, ou si les marchés boursiers connaissent une chute, cela forcera sans doute une prise de conscience des vérités économiques, tant chez les citoyens que chez les dirigeants américains."

Il a aussi évoqué le cadre politique préélectoral avec les élections de midterm prévues pour novembre 2026, insistant sur la nécessité d'une réponse ferme pour défendre nos intérêts et nos valeurs face à cette pression extérieure.

En ce qui concerne la réglementation européenne, Martin a exprimé sa frustration envers la Commission européenne, qu'il accuse d'inertie face aux défis mondiaux : "La stratégie de l'UE doit se baser sur le rapport Draghi. Nous devons négocier avec rigueur sur les mesures douanières, mais ce sur quoi nous devons nous concentrer, c’est la revitalisation de notre économie, en particulier celle de la France, à travers des investissements dans la formation, l'innovation et la compétitivité. Cela nous permettra de restaurer le rapport de force avec les États-Unis et la Chine afin de mener des négociations justes".

Concernant les finances publiques, Patrick Martin a réagi aux propos de la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, qui évoquait un budget "cauchemar" pour 2026. Il a souligné la nécessité d’une prise de conscience : "Il faut arrêter de faire l'autruche. La situation de notre protection sociale doit être rationalisée. Les défis économiques actuels doivent nous réveiller et conduire à des décisions audacieuses".

Interrogé sur la possibilité de réduire les dépenses sociales afin de financer la défense, il a rappelé qu’un effort de 50 milliards d'euros supplémentaires par an pour la défense n'est pas tenable si l'on ne considère pas le coût de la dette, qui est déjà largement supérieur à ce montant. "Il est simpliste de considérer que l’on doit sacrifier la protection sociale pour financer l’effort de défense. La problématique est bien plus complexe et requiert une réponse plus globale".

Le président du Medef a souligné l’évolution des dépenses sociales en France, qui sont passées de 18% du PIB en 1974 à 32% aujourd'hui, tout en constatant que d'autres pays européens, comme les Pays-Bas, affichent des taux de dépenses publiques plus faibles. "Si nous atteignions 42% de dépenses publiques, nous pourrions dégager 450 milliards d'euros par an. Cela permettrait d’augmenter les salaires, de favoriser l’investissement et d’accroître notre compétitivité sur le marché mondial. Le moment est venu de repenser notre modèle économique"," a-t-il conclu.