Technologie

"Je me coucherai devant les bulldozers !" Les projets de centrales solaires flottantes soulèvent des inquiétudes parmi les riverains de plusieurs lacs

2025-04-02

Auteur: Louis

Élisabeth Drochon se remémore les bouleversements qu'a causés la construction d'une retenue d'eau à Viviers-lès-Lavaur en 1967. En visitant sa propriété au bord du lac de Briax, elle exprime son inquiétude face à la volonté d'EDF Énergies Renouvelables d'installer des panneaux solaires flottants sur ce plan d'eau. "C'est tout un écosystème qui est gravement menacé", déclare-t-elle avec une grande inquiétude.

James Youdale, président de l'association locale "Les Lacs du Tarn Sud" et résident de Belcastel, partage son avis. Il souligne que ces lacs ne servent pas uniquement à l'irrigation agricole, mais sont également des attraits touristiques majeurs, attirant des visiteurs pour la pêche, la randonnée et l'observation de la nature.

EDF a jeté son dévolu sur d'autres lacs, dont celui de Messal à Veilhes et celui de Geignes à Maurens-Scopont, tous gérés par l'Association Syndicale Autorisée d'Irrigation du Lauragais Tarnais (ASAILT), qui regroupe environ quarante agriculteurs. Alors qu'EDF présente son projet lors de diverses sessions, l'objectif est clair : maintenir les activités agricoles locales grâce à des ressources économiques renouvelées tout en progressant vers la transition énergétique.

Cependant, Gérard Messonier, un homme de 78 ans et ancien amoureux des paysages lacustres, exprime ses craintes. "Je ne veux pas avoir à contempler des installations flottantes depuis ma terrasse", déclare-t-il, soulignant l'importance de préserver les milieux naturels.

Le concept d'une centrale solaire flottante repose sur l'installation de panneaux photovoltaïques sur des flotteurs ancrés dans le lac. Bien que l’association locale cherche à sensibiliser à l'importance de ces lacs pour l'agriculture, elle refuse de blâmer les agriculteurs. "Nous voulons combiner l'irrigation traditionnelle avec des solutions innovantes, pas transformer ces lacs en zones industrielles", explique James Youdale, soutenu par la majorité des élus locaux.

Une forte opposition se manifeste avec une pétition en ligne qui a recueilli plus de 300 signatures, rassemblant des pêcheurs, randonneurs, et familles qui craignent de perdre l'accès à ces espaces naturels. Selon Jean-Marie Drochon, ce projet mettrait en péril l'authenticité du patrimoine naturel et rural de la région.

Drochon déclare fermement : "Si je vois un bulldozer un jour, je me coucherai devant. La nature ne se dérange pas." Ce mouvement de résistance ne fait que refléter une préoccupation croissante concernant les impacts environnementaux des projets énergétiques modernes, et soulève la question cruciale de la protection de nos ressources naturelles face à l'expansion des énergies renouvelables.