
Immobilier : Les logements classés F ou G s'effondrent sur le marché avec des décotes alarmantes !
2025-04-02
Auteur: Sophie
Chaque année, environ quatre millions de diagnostics de performance énergétique (DPE) sont réalisés par près de 10 000 diagnostiqueurs. Pourtant, les experts du secteur immobilier ne cachent pas leurs doutes concernant la fiabilité de ces évaluations. Malgré une réforme annoncée en 2021 pour renforcer la rigueur des calculs, la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) révèle qu'environ 70 000 DPE erronés sont produits chaque année. "Pour établir un diagnostic sérieux, il est essentiel de passer au moins quarante-cinq minutes dans le logement, une exigence que tous les diagnostiqueurs ne respectent pas," déplore Seydi Eren, cofondateur de Diagadom.
Le coût moyen d'un DPE tourne autour de 150 euros, mais certains diagnostiqueurs, dans une quête de compétitivité, proposent des tarifs réduits au risque de compromettre la qualité de leur travail. Face à ces enjeux cruciaux, Valérie Létard, ministre chargée du logement, a promis des contrôles renforcés des DPE et des sanctions plus strictes contre les diagnostiqueurs frauduleux. L'un des objectifs primordiaux est d’éliminer les DPE complaisants, souvent trop favorables ou réalisés à distance sans inspection physique du bien.
Une étude récente du bureau d'études thermiques Ithaque a analysé l'impact de ces DPE sur le marché immobilier en examinant les données de l'indice valeur verte des notaires et les transactions fiscales de dix grandes villes françaises. Les résultats sont sans appel : les maisons étiquetées F ou G se vendent en moyenne 180 000 euros de moins que celles classées A ou B.
La pire situation se trouve à Bordeaux, où le manque de performance énergétique entraîne une décote moyenne de 254 000 euros pour une maison de 150 mètres carrés. Par exemple, une maison bien isolée dans cette ville pourrait valoir 755 800 euros, tandis qu'une maison mal isolée ne se vendrait qu'à 501 637 euros. À Lyon, la perte de valeur est estimée à 237 000 euros, 217 000 euros à Montpellier, 211 000 euros à Toulouse et 198 130 euros à Strasbourg. À Nice et Nantes, les décotes se chiffrent respectivement à 192 751 euros et 184 500 euros.
Ces chiffres alarmants mettent en évidence une précieuse opportunité pour les acheteurs : investir dans des logements peu performants pourrait se transformer en une bonne affaire, mais à quel prix pour l'environnement ? Il est crucial d’obtenir des évaluations précises et de favoriser la rénovation énergétique pour garantir une transition vers un avenir immobilier durable.