Nation

Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, met fin à une tradition d'iftar à la Grande mosquée de Paris

2025-03-19

Auteur: Louis

Une tradition séculaire a été rompue. Les ministres de l'Intérieur ayant précédé Bruno Retailleau ont toujours été présents à l'iftar organisé à la Grande mosquée de Paris, un moment crucial qui marque la rupture du jeûne pour les musulmans durant le Ramadan. Cependant, le mardi 18 mars, Retailleau a choisi de ne pas se joindre à cette cérémonie, en dépit de la présence d’une trentaine d’ambassadeurs de pays musulmans. Son entourage assure que cette décision n'est pas liée à la crise diplomatique actuelle avec l'Algérie, un pays étroitement associé à cette institution religieuse.

Selon des proches de Bruno Retailleau, le ministre refuse de participer à un diner jugé religieux, préférant se concentrer sur les événements institutionnels. Il aurait ainsi décliné une vingtaine d'invitations à l'iftar, soutenant qu'il y a une distinction nette entre ses fonctions officielles et des rites religieux. Par exemple, il aurait également décidé de ne pas se rendre à la messe du Vendredi Saint. Toutefois, il convient de noter qu'il a assisté, en tant que ministre, à une messe dirigée par le pape à Ajaccio en décembre 2024, ce qui soulève des questions sur l'application de la laïcité dans ses choix.

Cette décision manifeste également un tournant politique. Franck Fregosi, chercheur au CNRS et auteur de "Penser l'islam dans la laïcité", souligne que la participation d'un ministre à l'iftar ne contredit pas le principe de la laïcité. En effet, il s'agit d'un acte de convivialité, et non d'une cérémonie religieuse. De plus, cette tradition est devenue, au fil des décennies, une opportunité officielle de dialogue et de rapprochement entre les élus et les représentants des différentes confessions.

Ce changement de cap de la part du ministre de l'Intérieur pourrait-il signaler un souci d'image ou une volonté de se départir d'un passé de rapprochement avec la communauté musulmane dans un contexte politique tendu ? Les réactions à cette rupture pourraient avoir des répercussions sur la relation entre l'État français et les différentes communautés religieuses, alors que le pays navigue dans des eaux parfois tumultueuses en matière de laïcité.