Nation

Après six ans de bataille judiciaire, la victoire éclatante d'un salarié atteint de sclérose en plaques licencié

2025-03-30

Auteur: Michel

Florian Deygas est devenu une figure emblématique de la lutte pour les droits des personnes en situation de handicap en France. Atteint de sclérose en plaques, il a traversé un véritable parcours du combattant pendant six longues années suite à son licenciement par l'entreprise Translandes, un transporteur semi-public opérant dans la région Nouvelle-Aquitaine. La semaine dernière, la Cour de cassation a enfin rendu justice à Florian en condamnant l'entreprise pour harcèlement et licenciement abusif.

Tout commence en 2015, lorsque Florian, pompier de Paris, décide de tout quitter par amour pour sa fiancée dans les Landes. Il trouve un emploi de chauffeur de car et tout semble prometteur, jusqu'à ce qu'il commence à ressentir des douleurs inexplicables. En mars 2016, après un malaise au travail, un diagnostic tombe : il a une sclérose en plaques. Alors que son état nécessite des adaptations de poste, son employeur refuse d'obtempérer, mettant en doute sa bonne foi.

La bataille judiciaire s'engage alors. Après un premier refus, Florian remporte finalement sa cause en appel, mais Translandes fait appel en cassation. Après six ans de procédure, la décision finale lui donne gain de cause : l'entreprise doit lui verser 17 000 euros de salaire perdu et 10 000 euros de dommages et intérêts, sans compter le remboursement des allocations chômage versées.

Mais la lutte de Florian ne s'arrête pas là. Un volet pénal pourrait encore être ouvert suite à un rapport de l'inspection du travail, ce qui pourrait avoir des conséquences supplémentaires pour l'entreprise. Sophie Crabette, secrétaire générale de la FNATH (Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés), a salué ce jugement, soulignant que de telles situations sont non seulement douloureuses mais aussi fréquentes dans le monde du travail. Elle a appelé à une meilleure sensibilisation des employeurs pour éviter de tels drames et a évoqué que chaque année, 134 000 personnes subissent un licenciement pour inaptitude – un nombre qui pourrait diminuer si des aménagements de poste étaient mis en place.

Sophie Crabette a insisté sur la nécessité de former les employeurs quant aux ressources disponibles, comme les médecins du travail ou les structures d'accompagnement, pour garantir que les salariés en situation de handicap puissent continuer à travailler dans des conditions adaptées. La victoire de Florian Deygas ne représente pas seulement un soulagement personnel, mais un appel à une prise de conscience collective sur le droit des travailleurs handicapés en France.